mardi 24 juin 2008

Kakadu National Park



Quatrième location de campervan en deux mois ; pour parcourir cette fois-ci les parcs nationaux australiens situés dans les environs de Darwin : Kakadu, Katherine Gorge et Litchfield. Et peut-être la virée camper qu'on a le plus adoré.
Et c'est bon, on est rodés maintenant. Pendant que Boris part récuperer le campervan, Cécile se charge du ravitaillement pour la semaine. Par précaution, Boris rachète en vitesse 5 bidons supplémentaires de 2 litres d'eau minérale. On part dans des zones arides et on ne sait pas forcément où et quand on va pouvoir se ravitailler.

On entre dans un monde à part dont on pourrait facilement imaginer qu'il n'a pas bougé depuis des siècles ou des millénaires, des décors de brousse ou de savane africaine, d'étangs et de plaines verdoyantes, des bruits d'oiseaux et d'animaux invraisembables dès que la nuit tombe.


Des termitières gigantesques.


Et surtout on entre en territoire arborigène ! Les arborigènes, qui occupent le Kakadu depuis 40.000 ans semble-t-il, ont façonné ces terres.


Depuis quelques années, l'Etat australien semble engagé dans une phase de reconnaissance des droits des arborigènes et de pardon des discriminations dont ils ont fait l'objet (la citoyenneté et le droit de vote leur a été reconnu en 1967 seulement). Il commence à leur restituer leurs terres, à des degrés différents, depuis le début des années 90. Dans le parc national du Kakadu, par exemple, les arborigènes ont repris possession de leurs territoires, qu'ils gèrent en coordination avec l'administration des parcs nationaux.
Fondamental quand on sait que la culture et la vie arborigène sont intimement liées à la terre de leurs ancêtres et ne peuvent exister sans elle.

Ce lien avec la terre s'exprime de mille manières différentes.
De nombreux sites de peintures rupestres (Rock Art), dans des abris rocheux autrefois utilisés comme lieux de vie, servaient aussi bien de mode de transmission de la culture et du savoir entre générations, que d'instrument de culte, les esprits "mimis" ayant été censés avoir inspiré certaines peintures les plus anciennes (on parle en millénaires).
Nous voyons les sites d'Ubirr (en toile de fond, sur soleil couchant, des kangourous se livrent à des matchs de boxe ; mieux que dans des dessins animés), d'Anbangbang (plus connu sous le nom de Nourlangie du fait d'une erreur des blancs qui ont oublié ce que les arborigènes leur avaient raconté et ont confondu avec un site voisin) et de Nanguwwur.
Il fait très très chaud. Un grand verre d'eau cul sec pour Boris qui devient rouge écarlate et recrache illico ce qu'il peut. Et oui ! Dans la précipitation du départ, Boris s'etait trompé de rayons et avait fait une razzia de... vinaigre de vin blanc ! Bon, nos provisions de 10 l ne seront pas totalement inutiles ; on en utilisera pour faire la vaisselle quand on n'aura vraiment plus d'eau.
On ne se lasse pas de cette terre rouge.
Même les herbes, même les arbres sont rouges !
En saison des pluies, certaines zones actuellement désertiques se retrouvent sous 2 à 4 mètres d'eau. C'est à ce moment là que les saltwater crocodiles (vous vous rappelez, ceux qui vivent aussi bien en eau douce qu'en eau salée et empêchent toute baignade) en profitent pour remonter jusqu'à 200 km à l'intérieur des terres et oublient de repartir vers la mer au moment de la décrue, envahissant le moindre cours d'eau. Sales bêtes !



Les arborigènes ont également une culture du feu qui a exercé une influence majeure sur l'environnement australien et a permis le développement de nombreux écosystèmes.

Ils l'utilisent pour "nettoyer" le pays, une fois la saison des pluies terminée. Le patchworck de zones brulées et de zones non brulées permet de stopper les incendies sauvages qui peuvent ravager des surfaces immenses et modifier la répartition des plantes et animaux. Déjà, depuis l'avion qui survolait les terres en arrivant à Darwin, on était stupéfaits et vaguement inquiets du nombre de feux qu'on apercevait, sans réaliser alors qu'il s'agissait de feux maitrisés.

Et on voit des dingos, des perroquets en voie de disparition, des kangourous, des kangourous, des kangourous (et même une mère avec son petit dans la poche !!), des oiseaux de toutes sortes, des rongeurs... mais toujours pas de crocs !! C'est pas faute de les chercher. A défaut de pouvoir se baigner en toute tranquilité, on aimerait en effet au moins en voir ne serait-ce qu'un. On va finir par croire que c'est un mythe ces crocs ! Sales bêtes !