
Le blog par Sandrine :
"04/07/08
Thaîs nous a fait une grève de la faim hier soir, car elle ne voulait pas partager ses plats dans cet immense snack en plein air indonésien. Bilan : ce matin, elle est malade comme un chien. Ca tombe mal, on prend un bateau pour Nusa Lembongan, une petite île au sud est de Bali.

1er embarquement familial. 1er test de bémo (minibus collectif) suffisamment costaud pour nous embarquer tous. Thaïs a juste eu le courage d’avaler un bol de riz dans un bouiboui du port, avant d’embarquer sur un bateau araignée. Typique. Elle vomit tout son riz et finit par s’endormir.
Après 1 h 30 de traversée, nous accostons dans les vagues de la maigre jetée de Lembongan. Débarquement de la dizaine de sacs à dos et des 5 enfants un peu abattus par la chaleur. Collés à l'ombre, on attend Jules et Cécile qui partent en prospection vers le seul hôtel qu'on a réservé depuis la France. Merveille des merveilles ! L'hôtel le plus proche est aussi le plus sympa, et la résa a tenu ! On est chez Louis, un Français du sud ouest, patron du Bunga Bungalows, supendu par des restes de bateaux locaux au dessus de la mer. Les enfants adoptent illico. Thaïs reprend du poil de la bête devant le menu.
Nous partons sur un sentier côtier qui nous mène jusqu’à la plage allant vers Crystal Bay, via plusieurs anses gorgées de coraux et de coquillages.
Nous commençons déjà à sentir les bienfaits d’être entourés de gens gentils : souriants, jamais offensifs, encore moins agressifs. La joie de vivre, la douceur, l’amabilité d’abord…
Damned, ces insulaires sont 1000 fois plus accueillants que les Corses !
05/07/08
Réveil matinal (au chant du coq) à Lembondang.
Aujourd’hui nous partons en expédition vers la forêt de mangrove.
Une marche qui nous plonge illico dans les villages de pêcheurs d’algues, juste derrière la barrière de touristes qui occupe le front de mer. C’est immédiat et nous quittons (enfin, nous, les adultes) le monde des pizzas pour plonger avec délectation dans les odeurs d’algues multicolores et leurs travailleurs. 

Petit cheminement d’une bonne heure de villages en villages, sur une route qui commence à chauffer…
Il faut dire que notre caravane s’ébranle rarement à l’aube. Les gens nous interpellent, pleins de bonne curiosité et d’interêt pour cette famille aussi nombreuse que la leur mais avec bien beaucoup de poules pour un seul coq…
Dès qu’ils peuvent, ils tatent Thaïs, elle doit être croquante à point, puis Lukas aussi parfois. Et nous font des gestes d’admiration !

Jolie ballade, et nous arrivons…au paradis… (pour les enfants) :
Une paillotte au bord de la forêt de mangroves, les pieds dans l’eau, où l’on peut siroter des cocktails (jus de banane, jus de mangue), la grande classe…
Bob part en expédition avec les 5 cannetons à sa suite, équipés de palmes et tubas qu’on a bien pris soin de louer avant de quitter la civilisation.
Le site est très réputé pour la plongée... mais pas à marée basse ! Toujours le détail qui tue. Ils ne dépasseront pas les 60 cm d’eau (Elsa serait rassurée) et le courant est déjà très fort. Qu’à cela ne tienne, nous louerons des pirogues. Et nous voilà naviguant au milieu des palétuviers, arbres qui poussent dans l’eau, aux racines inextricables et à moitié à l’air.

Retour à l’hotel où nous nous lançons dans de grands jeux de plage type Le Rayol…Nous sommes en vacances après tout.
1/2/3 soleil et le bérêt, côté français..., partie de foot sur le sable côté indonésien... ou jeux de cerfs volants.



L’île est en pleins préparatifs de cérémonies… La mort d’un lointain et vénéré grand-père, enterré depuis 100.000 ans mais pas incinéré, faute de sous ? Ou bien est-ce une célébration de la pleine lune qui approche? On entend tout et son contraire, on ne comprend pas tout, on s’expliquera plus tard. En tout cas, ça chante, ça danse, ça fabrique des monceaux de fleurs, des étages d’offrandes, des échaffaudages de bambous. Un gamin, pris dans l’euphorie générale, s’élance et danse tour à tour devant Thaïs et les adultes indonésiens morts de rire. Thaïs est décidemment un bon passeport.
Lukas a été mangé par les moustiques le premier jour et c’est la nuit que ses piqures se réveillent. Je souffle dessus…
06/08/08
THE jour indonésien : on a loué des scooters !!!!
Les enfants sont au Nirvana. Eliott a mangé la mangrove avec le sien : ce sera 600.000 rupiahs pour Monsieur. Mais à part cette anicroche, c’est le super pied de visiter l’île à la «holiwoodschwingum».
En plus ça monte et ça descend. Y a pas un touriste. Et l’on voit les maisons, les jardins, les temples, la côte, les falaises.
Très très bon moyen de transport et les routes sont plutot bonnes. Parfois, on risque juste d’écraser un chien, ou un cochon, ou un chien qui ressemble à un cochon.


Nous goûtons à des tas de fruits bizarres, type peau de serpent, et on teste tout ce qui parait commestible (avec plus ou moins de variétés et de curiosités selon les individus du groupe). A vrai dire, les enfants sont très satisfaits de la cuisine de l’hôtel et commandent à tour de bras pizzas et spaghettis carbonaras, avec petite crèpe au nutella en plus quand Jules ne voit pas passer leur commande. D'ailleurs, ils se débrouillent très bien pour cette partie là, et tout seuls, en faisant des progrès en anglais de surcroît ! L’addition sera peut-être un peu salée… mais elle reste indonésienne. On leur a suffisamment répété en France qu’à l’autre bout du monde, tout valait une bouchée de pain. Et qu’on allait s’offrir la vie de château…
07/07/08
En parlant de vie de château, nous quittons Nusa Lembondang pour Nusa Pénida, île voisine. Et somme toute, la première nous semblera très civilisée par rapport à la seconde.
Bob nous a négocié 9 places sur un bateau, spécialisé en plongée mais qui accepte de nous larguer sur l’île à l’issue de nos plongées.

Bilan : 5 schtroumpfs dans l’eau qui ne se sont pas enmêlés les pinceaux entre leurs masques et leurs tubas, 2 plongeurs pro, et 2 mères de famille têtes constamment hors de l’eau (avec masque et tuba) pour compter et recompter les nains de mer. Un rapide coup d’œil sous l’eau nous confirme tout de même que c’est très beau. Les peintres et les faiseurs de dessin animés n’ont rien inventé. Pique nique bateau : nasi et mi goreng obligatoire puis replongée dans les courants. En fait, on fait à peu près tout ce qu’Elsa avait interdit.
Le courant est incroyable. 
Nous récupérons nos deux plongeurs professionnels. Cécile avait le masque correcteur de vue de Boris. Et Bob n’a rien vu.
Mais tout le monde est sain et sauf. C’est l’essentiel, comme dirait Eliott. Qui rajoute tout le long du voyage : « On fait avec ce qu’on a ». Je ne sais vraiment pas pourquoi il dit ça…
Et l’aventure continue.
Nous sommes sortis sains et saufs des courants, le bateau doit maintenant nous faire accoster sur l’île : Nusa Penida, avec femmes, enfants et sacs à dos.
Voilà, c’est fait. Les autres navigateurs nous voient accoster, le bateau se lester de sa volumineuse famille française… et ils lèvent l’ancre avec un possible soulagement (possible, pas certain).
Jules et Bob partent négocier le bémo, les enfants découvrent les tortues, Cécile et moi le tissage de magnifiques sarongs.
Les Japonais sont déversés et rejettés en mer après un petit tour operator éclair "tortue, tissage, embryon de combats de coqs" .
Mais nous, nous sommes des aventuriers. Nous restons. Et nous dormirons à Nusa Penida. Et quelle nuit !

Mais avant la nuit, il y a la découverte des chambres. C’est toujours un plaisir, sauf à Nusa Penida. Les enfants découvrent avec horreur des chambres minables (pour eux), moyennes (pour nous, Elsa n’est pas encore là pour relever l’exigence). Moi, tant qu’il y a de l’eau courante, je trouve toujours le confort à mon goût. Mais eux sont très sensibles au style…jardins…harmonie…vastes chambres… et la piscine ne nuit pas. Nous tenons bon. Ils découvrent avec effroi que nous allons les faire dormir à "l’hôtel Tout Pourri", classé 5 poubelles. Ils n’en croient pas leurs yeux… plafonds délabrés, poignées de porte qui restent entre les mains, lavabo pour mains et pieds en cascade (il n'y a pas de syphon), lumières qui ne s'allument pas, ou qui ne s'éteignent plus, canapés défoncés, fenêtre dont on ne peut fermer le battant ; même la baignoire cède sous mon poids. Un vieux bel hôtel class qui s’est laissé aller. On se dit que ça va leur faire le plus grand bien de découvrir ce genre de standing…on reste. Et on va diner.
On va diner. Mais où ? Pas de touristes, pas de restaurants, donc pas de nourriture "normale". Nous allons prospecter dans le village.
C’est plutôt une ville, mais de campagne, sans voitures ; on touche Thaïs a qui mieux mieux. Et Leïla est notre laisser passer dans une maison. Nous somme invités à y entrer. Quel plaisir de voir l’interieur d’une cour, le temple familial, la chambre des époux et celles des satellites de la famille, tout ça ordonnancé autour d’un jardin. Les femmes assises par terre sur le carrelage préparent, je vous le donne en mille, des offrandes. Et teignent le riz en rose barbie. On en profite pour négocier le bémo du lendemain avec le fils de famille.
C’est le voyage idéal…
Tous nos enfants réunis, la fratrie, zéro contraintes… pas trop d’anticipations ni d’horaires, un voyage au gré du vent et pour l’instant le vent est bon.
On se félicite tous les jours que personne ne soit malade ni blessé.

Nous continuons notre périple antropologique qui cette fois nous fait atterir dans une autre maison où l’on marie quelqu’un. Tout ça grace à la grâce de Thaïs, qui en a marre de se faire palper les bras et proposer des glaces qu’elle n’a pas le droit de manger.
Nous déboulons dans un interieur classique indonésien… tout à l’exterieur : temple central, patio bordé de chambres. Un bel homme est assis sous le petit chapiteau du milieu. Il se tient les yeux et semble en transe. Les speculations vont bon train : c’est un rituel d’avant mariage, la communion avec leur Dieu, un lien direct avec les esprits… Ca y est, on touche de près au rituel indonésien. Nous sommes invitês et il est convenu que nous reviendrons demain pour le mariage.
Nous poursuivons la ballade dans le village où aucun Blanc ne semble jamais avoir pénétré. Une horde de gosses à nos trousses que Lukas s’amuse à mettre en fuite… Un vrai jeu de course poursuite qui agrémente bien la virée et qui amuse beaucoup les parents indonésiens. Tom se lie d’amitié avec tous les passants, discute foot en indonésien, et cela facilite grandement le contact ; les gens sont très sympas partout au passage de notre caravane. Nous aussi !
On meurt de faim, comme tous les jours, et on finit par jetter notre dévolu sur l’épicerie-restaurant d’une vieille dame. Qui fort aimablement nous laisse piocher dans les plats, en triant l’ultra pimenté du consommable. Nous tournons au rouge brique, sauf les gosses qui, fort prudemment, ont repéré dans les rayons des Pop-Mi (les pâtes toutes faites), indolores, inodores, et savoureuses soit disant. C’est parfait, on leur en reprend même pour demain matin. On ne sait pas de quoi le petit dej sera fait.
Nous retournons dans notre hôtel 5 poubelles pour une paisible nuit....Paisible... jusque vers 2 h du mat' ! Heure à laquelle Cécile se réveille en sursaut en criant "Il y a quelqu'un derrière la fenêtre !". Boris tout ensommeillé se précipite mais ne voit rien. Aux aguets, on ne sait pas s'il s'agit d'un simple rêve, d'un chat, ou de l'ombre d'un arbre... Par acquis de conscience et pour rassurer sa douce, Boris se planque, toutes lumières éteintes, derrière une autre fenêtre afin d'observer ce qui se passe dehors. Et là plus de doute ! Un type se rapproche de nouveau à pas feutrés de la fameuse fenêtre qui ne ferme pas, qu'il soulève lentement pour tenter de s'introduire dans la chambre... Boris lui choppe le bras mais l'autre se dégage et s'enfuit. Branle-bas de combat !! On va vérifier que tout va bien du côté des deux autres bungalows où dorment Sandrine, Juliette et les enfants. RAS. Boris va réveiller discrètement Sandrine, dont le bungalow ne ferme pas (on apprendra le lendemain que celui de Juliette non plus...) et on monte le plan d'attaque. Entre temps, le rodeur, contre tout bon sens, est revenu une nouvelle fois dans les parages et a détallé en voyant qu'on était debout. Combien sont-ils ? Est-il légèrement détraqué dans un pays où le vol est extrêmement mal vu, surtout sur une île de la taille de Nusa Penida où tout le monde se connait ? On commence à avoir un peu peur... Boris et Sandrine patrouillent dans les environs (on est isolés), armés d'un manche a balai, pendant que Cécile monte la garde devant les trois bungalows, spray d'antimoustique à la main en cas d'attaque. Ca commence à devenir cocasse quand, dans le noir, il faut éviter les trous des bouches d'égout et quand Sandrine et Boris, en sautant un mur, manquent d'écraser un chien. Bilan : après une intervention efficace des flics du coin, qui occupent le batiment le plus proche (ils ont réussi à fermer la fenetre et à finir nos clopes !), il est plus de 4 heures du mat' et Boris et Sandrine vont se relayer jusqu'au petit jour pour monter la garde. On en rigole bien le lendemain avec nos têtes de déterrés !
08/07/08
Grande virée à travers toute l’île avec le bémo négocié la veille chez le fils de bonne famille qui a ouvert la porte à Leïla. Vous suivez ?
Superbe ballade tt en montées et en descentes ds les forêts, les petits villages tendus de filets de pêche et tapissés d’algues. Ici, soit on trime, en glanant des algues ds les rouleaux, soit on fabrique à tour de bras les objets nécessaires à une cérémonie à venir. Cabanes de paille, filet très long tendu le long de la route, et villages de tisserands prometteurs, fils d’or et d’argent, qu’ils disent, dans le guide. Nous verrons effectivement une seule famille penchée sur son métier à tisser, mais de tissus point. Il parait que c’est veille d’élection, et que ds ce cas, personne ne travaille.

De retour au village, nous retournons diner dans le seul warung-restaurant-épicerie (comme Pernaut les aimerait) que nous avons trouvé de « construit » sur l’île. La dame nous sert sa cuisine, riz à profusion (les enfants s’arrêteront là), poissons et chicken ultra épicés, légumes variés dont beaucoup d’haricots verts, hot chili et très bons, agrémentés de cacahuètes tout aussi pimentées. Les enfants se ruent désormais dans la cuisine de la dame pour faire chauffer leur bouteille d’eau minérale bouillie, à verser sur leurs pâtes en boite. Régime de bananes et TV qui vante non stop les mérites des chips et du pop mie international.
Ce soir, nous sommes de mariage. Bien sapés, avec sarongs propres et bières. Une musique bien anglosaxonne nous guide depuis la ruelle sombre. Nous déboulons dans une assemblée de buveurs, tous alcools, coca, sprite…Typique !
Nous sommes très chaleureusement accueillis par le marié (qui n’est pas l’inspiré d’hier) et la mariée et formons le cercle assis par terre, autour des boissons et des petits entremets…au riz, of course. En discutant avec le marié des coutumes locales, on comprend que son frère hier avait mal aux yeux (le sel, il est prof de surf à Kuta) et se mettait un collyre, et que lui-même épouse illico sa fiancée car elle est enceinte de 2 mois. Tradition, tradition…On apprend tout de même que la polygamie est courante et que leur propre père a deux femmes, une dans chaque île (il faut dire qu’il est pêcheur).
Nuit dans l’hôtel d’en face. Au petit matin, avant même de partir en excursion, on a changé direct de crêmerie. Les enfants respirent et se croient au paradis (comme quoi, le contraste est nécessaire pour apprécier)… sans avoir eu écho de notre nuit pourtant.
* * *
Le supplément été : les cartes postales des enfants
De Tom, à son père :
"Selamat pagi dady !
Ici il fait vachement beau et bonne température. A Bali, il y a une super plage avec des vagues énormes et on a fait du morrey comme j'en ai jamais fait. Après on a pris un petit bateau et on est allé quelque part là où j'écris en attendant ma pizza. On a mangé des plats indonésiens et ils sont assez bons. Dommage il n'y a pas de piscine et pas d'eau chaude. Rien n'est cher, on peut quasiment tout acheter mais le mieux pour l'instant c'est la plage de Bali mais ça va continuer.
On est pas allé sur l'image de la carte.
Ce qui est dommage, c'est que quasiment partout où on va, ça pu l'algue qui sèche mais tout va bien à part Thaïs qui a vomi 2 fois. L'avion était trop trop bien. Il y avait des TV sur tout siège et pleins de films. Et c'est spacieux. Voilà. De ton côté j'espère que t'es pas trop cassé [NDLR : par le travail]
et j'aimerais aller à Puy. Enormes bises."
D’Eliott, à son père :
"Teri makasi papa ! Ah mince non ! ça c’est merci. Je voulais dire bonjour papa ! une petite vieille indonésienne fait ses offrandes à ma droite ; à ma gauche, un coq hurle à la mort. Tiens ! fait divers à noter : Leïla a mis de l’antimoustique (très utile en ce temps présent) dans les yeux de Thaïs qui maintenant hurle aussi à la mort. Enfin. Bref. Ici, on visite les îles principales, pas beaucoup les plages, mais ça ne saurait tarder. J’espère essayer le surf. On est déjà parti plonger en bateau. Boris et Cécile avec les bouteilles et on a failli ne pas revenir à cause du courant trop fort. AH OUI ! On a fait une journée de scooter !!! Trop bon. J’ai fait presque que conduire et je n’ai eu qu’un seul accident. Il a couté 600.000 roupies ! mais je ne dirai pas qu’on était sans casque et Boris avait deux passagers. Mais nous sommes sains et saufs. Bon, la il ne reste plus qu’à faire le plein de fausses marques."