vendredi 18 juillet 2008

Passage sur Java - Le volcan Kawa Ijen

"Nasi Goreng", le blog par Sandrine :

"18/07
Départ d'Ahmed pour Java.

Nous filons de cette paradisiaque adresse de sable noir, de pêcheurs bariolés, et de coraux venimeux pour de nouvelles aventures avec un bémo négocié la veille avec un mec venu nous vendre de la plongée sous marine.

Direction le port de Java : nous quittons Bali pour nos escapades volcaniques.
Leïla est malade comme un chien pendant tout le trajet...


Un bémo très sympa où on roule, tous en famille, parmi des paysages superbes...












...et des embouteillages faramineux, à l'occasion desquels les enfants en profitent pour monter sur le toit du bemo. Embouteillages cérémoniels certainement, mais "de village", avec les cochons rotis à l'arrière des voitures. Tout ça suffit à notre bonheur (même si on aurait bien voulu y gouter, au cochon). On raffle tout ce qui nous parait comestible dans les petites échoppes cuisinières sur la route, bien étonnés de voir débouler des blancs ; qui plus est qui mangent le riz sans sauce !!!


Nous attrapons le bac pour Java d'extrême justesse...



Le ferry. Nous voguons déjà sur une autre planète : les femmes se voilent (et les petites filles aussi, d'ailleurs, dès 1 an), les shorts ont disparu, les offrandes aussi, et le regard des mecs est gênant. Insistant. Gonflant quoi. Leïla n'aime pas et ne se sent pas libre. Boris surveille les genoux de ses vieilles soeurs et met toute la tribu en pantalon long. Moyennement accueillant. Les sourires balinais nous manqueraient-ils déjà ? En fait, il suffira de s'enfoncer dans les terres javanaises pour retrouver les sourires éclatants auxquels on a pris goût.

Mais ce soir, étape sexy ds un hôtel avec piscine... publique, remplie d'Indonésiens.
Les enfants s'étonnent qu'on leur offre de la piscine "publique"... C'est un peu bas de gamme non ? Je me sens obligée de me baigner toute habillée. Au grand dam de Leïla qui ne veut pas que je me plie au diktat musulman.


Pour nous venger, nous fêtons l'anniversaire de Pascal qui souffle ses bougies plantées sur un saucisson... qui tient en haleine les enfants depuis quelques jours.












19/07
Lever à 4h30 du matin pour gravir le volcan Kawa Ijen.

Ca tombe bien, on a avalé nos petits dej hier soir, croyant que c'étaient des thés et cafés de bienvenue...

Départ à 5h, en 4x 4 dans un premier temps.
La ville bat déjà son plein. C'est la bonne heure. C'est à cette heure-ci que nous devrions démarrer tous les jours. Tout le monde est au marché. Nous grimpons raide une bonne heure à travers les villages qui sentent bon la montagne. torrent, fraicheurs, amoncellement de tabac... ils donnent envie de s'arrêter et de marcher. Là-haut, en sortant des 4X4, les enfants ont tous l'impression d'être à la grange, dans les Pyrénées. Même Cécile boit son café "façon grange" selon eux."


On quitte les voitures pour commencer la grimpette.
Pendant les deux heures d'ascencion bien raide, nous ne cessons de croiser la route des porteurs de souffre qui redescendent du volcan.



La plupart sont en tongs et tranportent des paniers reliés entre eux par des lattes de bambou remplis d'une substance jaune passée : le souffre. Leurs pas semblent lourds mais tous ont un rythme soutenu.
















La pesée du souffre, avant la descente des porteurs. Les paniers font en moyenne 70 - 80 kilos ! Un vrai travail de forçat.


Une autre pesée a lieu en bas pour vérifier que les porteurs de souffre n'ont pas dérobé une partie de la marchandise pour la revendre pour leur compte.
















Au détour d'un chemin, alors que les plus jeunes commencent à faiblir, on tombe nez à nez avec le cratère du volcan, sublissime, rempli d'une eau turquoise et qui crache des émanations de souffre.


On a du bol, le vent est favorable.



On tente la descente dans le cratère, au fond duquel les mineurs vont récupérer le souffre qui sort du volcan à l'état liquide. Petit chemin qui tombe à pic et sur lequel nous devons nous coller à la paroi pour laisser passer les mineurs... sans parvenir jusqu'au bout. Le vent tourne et on se prend le souffre en plein visage. C'est acide, ça pique la gorge, faut remonter dare dare. Et les mineurs ont juste un foulard sur le visage pour leur dernière remontée de la journée. Après 11 h du matin, les émanations sont trop fortes. Ils effectuent au max deux à trois rotations par jour pour un salaire de misère. On est plongé dans le Zola des temps modernes.



"En redescendant des volcans, nous n'avons pas envie de quitter déjà ce petit aperçu de montagne. Nous négocions avec un des chauffeurs pour qu'il nous garde un peu, tandis que tous les gosses s'engouffrent dans l'autre voiture, qui part, avec Elsa et Pascal, direct à l'hôtel. Bon gout de ballade dans les villages, les plantations, les marchés... Et le chauffeur, astucieux, qui nous repêche de çi, de là.




Nous craquons sur force nouveautés culinaires, genre beignets de toute sorte. Succulents. Quand ils préparent une fête, il faut toujours sauter sur l'occasion pour se nourrir et acheter tout ce qui se propose de bon, ou de moins bon, nous y allons vraiment de manière empirique. Sucré ? Salé ? Pimenté ? On goute sur place et on avise. On achète à la tête du beignet. Les Javanais sont d'une gentillesse... Comment allons nous faire en France? Ils sont surpris de nos intrusions. Et ravis de nos curiosités gustatives et photographiques. Nous goutons un breuvage inconnu sur le bord de la route : du miel !

Soirée dans notre hoteljavanaispaspourtouristeavecpiscinemunicipale... mais dans le restau d'à côté cette fois. Pur javanais là encore. C'est une farandole de poissons panés pour de bon, grillés, vapeurisés, pimentés.


* * *


Le supplément d'été : les cartes postales des enfants



D'Eliott à son père :


"Hier on a escaladé un volcan et on failli mourir étouffés par les vapeurs de souffre. C'était très beau mais cela sentait l'oeuf. On remet ça demain sur un autre. Bref, tout se passe bien mais il me tarde de manger une bonne baguette et un gros paquet de Pimouss parce que le mie goreng et le riz, ça va un moment mais faut pas pousser"







De Tom à ses grands-parents maternels :

"Coucou à vous !

Ici il fait très beau et tout le monde va bien (pour l’instant). On a visité le kajui ichen et il y avait plein de porteurs de souffre et Boris a essayer de porter leurs paniers, pas soulevé d’un centimètre.

Dans le cratère, on a failli mourir asphixier. On a ossi visité le Bromo qui était plus touristique mais on est monté et descendu à cheval. Et hier, 10 h de bemo. Youhou. Aujourd’hui, le 23, je veu que ds 11 jours il y es pour toi Maryse 1 gateau de riz juste pour moi. Et toi daniel des bon bonbon et une baguette. Voila. Enorme biz x 16 Tchouss Tom"