La Paz, ville chaotique.
Perchée à 4.000 m d'altitude, il s'agit très certainement d'une des rares villes où les riches habitent en dessous des pauvres. A ces hauteurs là, quelques centaines de mètres en moins sont précieuses !
Je me branche ou ?
Eglise San Francisco, dans le vieux centre, quartier à la fois touristique et majoritairement indigène. Un des beaux exemples du style baroque sud-américain de La Paz.
Le vendredi saint, jour férié, la ville s'arrête pour assister a la procession. Mélange des genres : parades militaires et tableaux religieux forment un même cortège, au son des différentes fanfares. Solennel et impressionnant !
Le samedi soir, dans un quartier un peu plus chic, nous tombons par hasard sur un défilé (on sera d'ailleurs étonnés de constater, dans chaque ville traversée, du goût des boliviens pour les parades en tous genres, des écoliers avec fanfares et luminions aux militaires avec bayonnette, quasiment aucune journée sans qu'on n'ait droit à un petit défilé).
Un habitant du quartier nous explique qu'il s'agit d'une des festivités de la commémoration de la "journée du littoral" qui "fête" la perte de l'accès à la mer de la Bolivie. Toute la zone Pacifique de la Bolivie a été annexée par le Chili (la Guerre du Pacifique), sous l'oeil bienveillant des anglais, afin d'exploiter les ressources minières de cette région. Le 23 mars 1879 a péri sous les balles chiliennes Eduardo Avaroa, désormais héros national glorifié par les boliviens. En tout, entre les agressions chiliennes, brésiliennes, argentines et paraguayennes, la Bolivie a perdu en moins d'un siècle la moitié de son territoire d'origine, territoire qui initialement correspondait à la région du Haut Pérou selon le découpage fait par les espagnols. Des pourparlers pour obtenir un accès à la mer sont toujours d'actualité.
Au cours de notre défilé du samedi soir donc (on vous rappelle qu'on se trouve dans un quartier bas de La Paz, donc moins indigène, donc plus riche), la population ovationne l'équivalent de nos CRS et hue le maire et ses adjoints, indigènes, qui, imperturbablement, avancent poing levé. Imaginez les CRS applaudis en France par la foule !
Au cours de notre défilé du samedi soir donc (on vous rappelle qu'on se trouve dans un quartier bas de La Paz, donc moins indigène, donc plus riche), la population ovationne l'équivalent de nos CRS et hue le maire et ses adjoints, indigènes, qui, imperturbablement, avancent poing levé. Imaginez les CRS applaudis en France par la foule !
Notre interlocuteur nous tient des propos douteux en nous annonçant que lors du défilé du lendemain (encore un !) en l'honneur d'Eduardo Avaroa et en présence du Président Evo Morales, les habitants du quartier se sont organisés : "on viendra avec du désodorisant, les indiens descendront du haut de la ville pour l'occasion, ça va sentir mauvais ; ils ne sont pas les bienvenus chez nous". Sans commentaire !... Illustration cuisante de la division extrême qui frappe la Bolivie et que nous constaterons tout au long de notre séjour.
Lors de la parade du dimanche, on se retrouve à quelques mètres d'Evo Morales, premier Président indigène, qui porte l'espoir des plus pauvres et de son milieu d'origine.
Pour voir si vous avez bien tout compris : cochez entre les deux photos suivantes celle de l'indigène.
Le dimanche après-midi nous montons jusqu'à El Alto, ville indigène qui jouxte La Paz. Une grande feria (marché) s'y déroule. Nous traversons le quartier des sorciers et autres diseurs de bonne aventure dont les étals regorgent de produits improbables (foetus de lama, morceaux de cactus, herbes et potions en tous genres).

Vue imprenable sur la ville depuis ces hauteurs.