Bon, on ne vous présente pas Angkor, capitale de l'empire Khmer, construite entre le IXème et le XIVème siècle, alors que l'empire s'étend de la Chine au Sud Vietnam. L'un des joyaux architectural de l'Asie ! Et en effet, c'est sublissime !
Préparez-vous, on va vous innonder de photos de vieilles pierres !
Pourtant, on commence par visiter Angkor Vat, le clou du site et certainement le temple le plus connu d'Angkor et on est hyper déçus ! On reste absolument hermétiques au charme censé s'en dégager. Peut-être la mauvaise heure, trop de touristes (dès qu'on va dans des temples un peu plus petits, moins connus, plus reculés, on est seuls ou quasiment !), la lumière de midi trop crue, la "tour" centrale fermée pour travaux, et du coup pas de vue d'ensemble...
Quand même, on reste subjugués par les élégantes Apsaras, ces danseuses célestes qui recouvrent les murs du temple.
Pendant trois jours (c'est le minimum vu la taille du site), on parcourt les temples enfouis dans la jungle et dont certains sont totalement ensevelis sous la végétation, ce qui leur donne une magie incroyable, avec des arbres qui s'incrustent dans la pierre au risque de faire s'effondrer des pans entiers de murs, ou au contraire qui soutiennent la structure des temples. On ne sait plus trop qui soutient quoi...
C'est le cas de Ta Prohm, par exemple :
Evidemment, au milieu de tout ça, nos références hautement culturelles, du type le "Livre de la jungle" (le Walt Disney, hein, pas le bouquin de Kipling !) et les images finales d'Asterix et son "Domaine des dieux" nous reviennent en mémoire !
Ta Keo, tout en haut duquel on peut monter :
Preah Khan, en enfilade, avec des perspectives remarquables :
Pre Rup, autre temple pyramidale du haut duquel on domine les environs :
La rançon de la gloire d'Angkor : son développement touristique pour le meilleur et pour le pire. A Siem Reap, tout est fait pour le touriste occidental, avec des zones comme l'Allée ou Pub Street blindées de petits restau et boutiques très sympas mais qui n'ont rien de cambodgien.
En débarquant du bateau le premier jour, on se fait littéralement prendre en otages par des chauffeurs de tuk-tuk qui nous proposent un prix dérisoire pour nous emmener là où on veut et nous menacent de nous lacher en pleine nature si on ne s'engage pas à faire appel à eux pour les jours suivants. Ils finissent en effet par nous lacher quand Cécile, par provoc', leur dit que de toutes façons on va visiter les sites à vélos... Quasiment tout contact avec les cambodgiens est ici pourri par le tourisme.
Le complexe le plus gros d'Angkor, enfermé dans des murailles : Angkor Thom !
L'un des portes d'accès :
Avec le Bayon aux mille visages de boudhas (en fait environ 200, mais on a l'impression que les visages se multiplient à l'infini) :
Et nous on tombe littéralement dingues du sourire du boudha, toujours différent, toujours incroyablement sereint ; on l'embrasse, on lui offre la bougie globe...
Ta Som, succession de temples qui débouchent sur cette porte :
On traverse la campagne sur une piste en latérite rouge pour atteindre Banteay Srei, à une quinzaine de kilomètres.
Une pluie diluvienne s'abat sur nous alors qu'on roule en tuk-tuk. Tout est détrempé et devient vite assez peu praticable.
Merveille de fresques sculptées et de bas reliefs qui racontent des scènes du Ramayana, cette épopée indienne commune à toute l'Asie.
C'est aussi ce temple qui illustre un épisode pas toujours connu de la vie d'André Malraux, bien avant qu'il ne devienne notre premier ministre français de la Culture, sous le gouvernement de Gaulle. Dans sa jeunesse, alors qu'il avait une vingtaine d'années, il imagine une façon originale de gagner sa vie, qui répond à son gout de l'aventure et à son amour pour l'Art. Il part avec sa femme Clara au fin fond de la jungle cambodgienne, officiellement pour y répertorier des temples non encore découverts, et en fait en profite pour piller quelques statues de danseuses aussi belles que rares, dans l'intention de les revendre. Il se fait chopper avant de quitter le Cambodge, est arrêté et jugé Phnom Penh ! Toute l'élite intellectuelle et littéraire parisienne de l'époque se mobilise en sa faveur. On trouve ça aberrant aujourd'hui !
Les fouilles continuent de nos jours et les pillages de temples malheureusement aussi ! Outre la richesse culturelle d'un tel site pour le Cambodge, c'est aussi une vraie manne financière pour toute la région.
Et nous on visite Angkor en lisant "La voie royale", le roman qu'a écrit Malraux quelques années après et inspiré de cette aventure.
Banteay Kdei, petit temple en ruine (encore un peu plus que les autres) qui nous plait bien :