On prend la route pour s'enfoncer dans l'Equateur andin.
Premier tronçon de 3h00 pour rejoindre Quevedo. Gros changement par rapport à nos trajets argentins ou chiliens ! Ici, les bus sont le plus souvent colorés, bondés, la conduite sportive et le klaxon facile.
La route de Quevedo traverse sans interruptions rizières avec maisons sur pilotis et bananeraies. L'Equateur est en effet le premier exportateur mondial de bananes, même si sa principale source de revenus provient du pétrole, exploité par des compagnies essentiellement étrangères, dans des conditions désastreuses pour l'environnement et les populations indigènes (déforestation et pollution de rivières, notamment). Et certains spécialistes estiment que les réserves seront épuisées dans une dizaine d'années.
Signe de l'extrême fragilité économique du pays (plus faible taux de croissance d'Amérique du Sud pour 2007), l'Equateur n'a plus de monnaie nationale depuis 2000 !! Le "sucre" a été remplacé par l'US $. Même si cela assure une certaine stabilité, le pays dépend désormais des Etats-Unis au niveau monétaire...
Sur le plan politique, depuis une dizaine d'années, les présidents se succèdent et ont du mal à rester en place plus d'un an. Au moment où nous écrivons, la réforme constitutionnelle fait la une des journaux. Le projet parle d'un système fondé sur 7 pouvoirs. On n'a pas très bien réussi à comprendre en quoi consistaient les 4 pouvoirs qui viennent s'ajouter à nos classiques exécutif, législatif et judiciaire...
Nuit d'étape à Quevedo, donc, ville laide mais animée (on est samedi soir !), avec un marché qui envahit les rues le dimanche matin.
Nous sommes aux pieds des Andes et nous attaquons la montée vers Latacunga (2 800 m), sous la pluie et le brouillard, ce qui nous prive des paysages traversés, qu'on devine grandioses.