Il s'agit du poste le plus reculé parmi les trois points de passage terrestre entre l'Equateur et le Pérou, ouvert depuis seulement 10 ans, quand les deux pays ont signé un traité de paix en 1998 mettant fin à leurs différents concernant la définition de leurs frontières respectives. On se rend compte qu'on n'y connait vraiment rien à l'histoire de l'Amérique du sud ! Dans les pays que nous avons traversés, la question de la délimitation des frontières semble toujours délicate et d'actualité. Dans quelques semaines, la Cour Internationale de La Haye doit arbitrer un conflit entre le Pérou et le Chili qui porte sur certaines limites de leurs frontières maritimes...
Nous choisissons cette voie qui nous permet de ne pas redescendre sur la côte et de rejoindre Chachapoyas, notre première destination péruvienne, de la façon la plus directe.
Les paysages sont fabuleux et verts, verts, verts.
Nous n'avons jamais vu une frontière aussi informelle. On traverse un pont et ça y est, on est sur le sol péruvien. Ambiance de bout du monde. Le passage de touristes y est plutôt rare.
Côté péruvien, des "colectivos" (en l'occurence de vieux breaks) attendent d'avoir suffisamment de passagers pour partir. Quand nous sommes 8 (avec quelqu'un qui s'installe dans le coffre au milieu des bagages et trois personnes à l'avant), le chauffeur consend à décoller. La route est défoncée et boueuse.
On n'est pas mécontents quand au bout de trois heures on arrive à la première petite ville, San Ignacio. Il est 19 h30 et on décide d'y passer la nuit. On a le dos cassé et on n'en peut plus !!
Le lendemain, c'est reparti pour une bonne journée de transports : San Ignacio - Jaen en colectivo ; transfert en moto taxi (comme un tuk-tuk asiatique) jusqu'au terminal des colectivos pour Baqua Grande (on a le sentiment d'attendre de façon interminable que le véhicule se remplisse et que le chauffeur daigne partir) ; re-moto taxi dans Baqua Grande, et là on a de la chance : un chauffeur de taxi qui rentre de vacances avec sa famille nous interpelle sur notre "tuk-tuk" et nous propose de nous emmener directement à Chachapoyas, où il habite. Ca nous évite d'autres changements... La voiture se remplit au fur et à mesure qu'on se rapproche de Chacha. Et le hasard faisant bien les choses, nous sommes dimanche ! Ca veut dire que la dernière portion du parcours qui est en principe fermée de 6 h du mat' à 19 h pour travaux (ils asphaltent la route) est ouverte cette après-midi. Ouf ! Enfin à destination.
Dès la frontière, les paysages changent. Moins de vert, plus de roche, et des zones parfois désertiques.
Et surtout, à nouveau des tronçons de lignes droites et asphaltées !!