samedi 13 septembre 2008

Hampi




Hampi, capitale du puissant royaume Vijayanâgara, a été le berceau des irréductibles hindous qui ont seuls résisté à l'envahisseur Moghol entre les XIVème et XVIème siècles, alors que les musulmans avaient conquis la quasi totalité de la péninsule indienne.


La cité était alors éblouissante et d'une richesse inouie (du fait essentiellement du commerce des épices et des tissus). En y débarquant, pour y faire commerce justement, les Portugais sont semble-t-il restés abasourdis devant tant de luxe et de puissance. On veut bien le croire quand on en voit les restes. L'empire a en effet fini par être vaincu par les musulmans et le sultanat de Delhi (ou une alliance de sultanats, on ne sait plus très bien), ce qui a provoqué sa chute et l'abandon d'Hampi après un pillage en bonne et due forme.
Il s'agit de l'un de ces endroits que l'on trouve absolument magiques, où les monuments s'intègrent au site dans une alchimie parfaite.





A lui seul, le site sur lequel est implanté Hampi est grandiose et unique : ensemble de rochers rouges empilés les uns sur les autres, végétation luxuriante de cocotiers, de bananeraies, de manguiers et de rizières, et une rivière qui abreuve l'ensemble.



















Un des charmes d'Hampi vient aussi du fait que la population s'est réapproprié l'ancien bazar principal et l'a repeuplé ; aujourd'hui, les gens vivent dans les ruines, réaménagées pour leur servir d'habitat.











Le matin, ablutions et lessive sur les ghats qui bordent la rivière ; le linge sèche, les gens se réunissent après leur bain matinal sous les colonnes d'un ancien temple pour papoter. Le dernier jour, quand on est parti un peu avant 6 heures du mat' de notre guesthouse, c'était déjà une file ininterrompue de familles qui descendaient vers la rivière.




Au coeur d'Hampi Bazaar, le temple de Virupaksha, toujours en activité et lieu de pélerinage hindou. Ici aussi, dans la première cour du temple, les gens investissent les lieux ; ils y dorment, prennent leurs repas, se réunissent, font la lessive... y vivent !

























Les ruines des temples et de la cité royale se répartissent sur quelques kms autour d'Hampi Bazar, qu'on parcourt à pied ou à vélo.










Dans les récits du Ramayana, l'épopée épique hindoue dont les légendes se sont répandues dans toute l'Asie, Hampi occupe une place importante puisqu'il s'agit du royaume d'Hannuman, le dieu singe.
Si on peut en résumer la trame, le Ramayana raconte le voyage initiatique de Rama, avatar de Vishnou et fils de roi, exclu avec son frêre du royaume de leur père, et qui part à la recherche de sa femme, Sita, enlevée par le démon Ravana. Il est aidé dans sa quête par Hannuman et son armée des singes.

Hampi reste le royaume des singes, qui se trouvent tout à fait à leur place dans ces ruines et constructions rocheuses.





















Hampi fait partie de ces lieux où on a l'impression d'assister a la découverte du site brut, avec encore des zones en cours de fouille, des pierres sculptées sous chaque racine, feuille ou mousse, sur lesquelles on marche allègrement. On s'approprie très vite les ruines du fait de la liberté complète des visites.

Le tourisme reste pour l'instant uniquement routard, avec des petites guesthouses, restau et cyber café - magasin - agence de voyage qui s'improvisent dans chaque maison d'Hampi Bazar. Certains voyageurs pensent que c'est déjà foutu et pourri par le tourisme. Nous on n'a pas eu cette impression. Mais allez-y très vite parce que ça risque de devenir bientôt un haut lieu du tourisme de masse. Ou plutôt n'y allez pas... toujours le cruel dilemne du voyageur qui veut l'endroit magnifique pour lui tout seul ! ;-)



Chariot de célébration, aux roues de pierre qui fonctionnaient vraiment a l'époque où il a été constuit.


Comme partout en Inde, les ruelles d'Hampi Bazar sont envahies d'animaux de toutes sortes : chèvres, vaches, singes, et des chiens si faméliques et farouches que Cécile n'en a même pas peur.




Les vaches. Evidemment sacrées en Inde, elle y sont chez elles, et elles le savent. L'une d'elles n'a d'ailleurs pas hésité à le rappeler a Cécile en lui filant un gentil petit coup de tête sur les fesses, dans une ruelle étroite où on s'était arrêtés, pour lui signifier qu'elle voulait passer !



Au coeur de la cite royale : les bains de la Reine,














le zenana (harem), et ici sa tour de garde,








et le Palais du lotus, au style hindo-musulman qu'on aime bien.





En bon fils de dentiste, Boris distribue aux enfants de la région qui réclament des bonbons les brosses à dents récupérées à droite à gauche...





Beau comme un camion en Inde ! Biouuuutifull !... On leur pardonne presque de conduire comme des cinglés.






Le soir, dans les ruines, les garcons ne jouent pas au foot ... mais au cricket ! Comme aux 4 coins de l'Inde, d'ailleurs. Sport national. So british ! On renonce à comprendre les règles...








Point of view du dernier soir. Tout en haut d'un rocher envahi par des familles de singes, un petit temple rouge et blanc abandonné. Superbe !