mercredi 17 septembre 2008

Le Karnataka sud - De Belur à Mysore

6 h du mat', gare routière d'Hampi.

Au milieu des cochons et des chèvres, on attend un bus qui ne viendra jamais. Chacun patiente en buvant une tasse de chaï (thé au lait très sucré, la boisson nationale). Une femme ramasse des bouses de vache fraiches pour en faire du combustible. Impossible d'avoir deux informations convergentes pour savoir si le bus du matin va arriver, et à quelle heure. On finit par prendre un rickshaw jusqu'à Hospet, à 15 kms de là.







La suite du parcours s'enchaîne incroyablement bien : 4 changements de bus avec pas plus de 5/10 minutes d'attente à chaque fois.

Le trajet nous prend quand même la journée, plus de 11 heures en tout, pour un peu plus de 300 kms !


Les bus sont naturellement blindés avec des passagers qui s'entassent partout comme il peuvent. Personne n'a de bagages ; pas de soute ni de galerie sur le toit ; on doit attacher nos sacs à côté du chauffeur, ce que la surpopulation du bus rend parfois compliqué !




On traverse des paysages de plaine plate à l'infini et de rizières.

On entre en terres musulmanes. Sortie d'école, un groupe d'une quarantaine de jeunes filles s'engouffre dans le bus en chahutant et en riant, dans un mélange incroyable de silhouettes noires revêtues de burqas avec juste une fente pour les yeux et de jeunes hindoues parées de saris aux couleurs chatoyantes, de bracelets aux poignets et de fleurs de jasmin dans les cheveux.

A 19 heures, on débarque à Belur dans le noir, en pleine coupure de courant, quotidiennes ici en Inde du Sud, qu'on soit dans un village ou dans une grande ville. Elles sont d'ailleurs souvent programmées et les gens s'organisent en conséquence.

* * *

Le lendemain, on visite les temples de Belur et d'Halebid, villages distants d'une quinzaine de kms.


La région abrite les temples du royaume Hoisala (XIème - XIVème siècles), mélange d'hindouisme et de jainisme (la religion jain est apparue en même temps que le boudhisme, mais n'a jamais franchi les limites du territoire indien ; de ce qu'on a retenu, mais a vérifier, son fondateur était un brahmane qui a mené une vie d'ascète en cherchant à retrouver les fondements de l'hindouisme, en remettant en cause le système des castes et surtout en prônant le respect absolu de tout être vivant quel qu'il soit ; on a même lu que pour éviter toute absorption involontaire d'insectes, les jains les plus puristes porteraient en permancence un mouchoir devant la bouche...).

On trouve que d'aspect extérieur les temples d'Halebid ne ressemblent à rien, sortes de soucoupes volantes plates, mais leurs fresques, statues et bas relief sont exceptionnels !














Un guide nous raconte les histoires de dieux et déesses hindoues représentées sur les fresques.














La pierre noire utilisée pour sculpter des oeuvres aussi fines et précises, la stéatite, est malléable et très facile à travailler quand elle vient d'être taillée ; elle durcit ensuite, au bout de quelques années, au contact avec l'air.



Le nandi, vache qui sert de monture à Shiva et à Parvati :










Ici pas de tondeuse à gazon ! Une bonne quinzaine de femmes, de la méthode, et c'est parti !

On retrouvera cette technique de pointe partout.



Village d'Halebid











A Belur :




















Boris, inspiré !







Nous sommes les seuls touristes sur ces sites. Ou plutôt non, les seuls touristes occidentaux !
Mais depuis le début de notre voyage, l'un impliquait nécessairement l'autre. Pour la première fois dans les pays non occidentaux traversés (et à part, dans une moindre mesure, en Argentine et au Chili), des flots de touristes du pays se pressent sur les sites. Les Indiens prennent des vacances et visitent leur pays. Indice flagrant de l'existence d'une vraie classe moyenne qui peut penser aux loisirs. En général, les sites proposent quand même un droit d'entrée 5 à 10 fois moins élevé pour les nationaux.



Et nous on hallucine devant leur grand amusement : se faire prendre en photo avec nous ! Pose obligée, mine sérieuse de rigueur. Toute conversation commence (et parfois se limite) aux questions immuables et dans le même ordre : "Wherrre do you come frrrom ?", "What's yourr naime ?", avec cet accent typiquement indien dont on raffole. Aussi marqué, mais plus chantant que l'accent français !














Pendant tout notre périple dans le sud de l'Inde, ce sont des dizaines de famille ou de groupes d'amis qui se sont faits photographier avec nous ; parfois, il fallait prendre la pose avec chaque membre de la tribu à tour de rôle !! On s'est vraiment demandé si ce n'était pas lié à nos débuts bollywoodiens... C'est vous dire ! ;-)

* * *




On continue la route jusqu'à Mysore, ville célèbre notamment pour le palais de son maharadja.










Nous on l'a trouve plutôt décati, sombre et triste (rien à voir avec le palais des Mille et Une Nuits auquel on s'attendait), mais on est tombé sous le charme de son marché !

On aime bien les marchés.

L'Inde se caractérise aussi par ses couleurs et ses odeurs (pour le meilleur ou pour le pire...). Festival permanent qui se manifeste dans ses marchés, les vêtements des gens, la cuisine, la déco, l'encens, les mille petits rituels du quotidien...
Et à Mysore on a été gatés ; son marché est une pure merveille !





Des couleurs qui servent de peintures pour le corps ou de décoration à l'occasion des fêtes :




Des amas de fleurs




L'art de la présentation indienne : faire du beau avec pas grand chose.












Sir Tomato !